Domiciles partagés : une solution pour être « comme à la maison »


va60 4218730 4

Véronique Tardes, directrice du Clarpa 56, discute avec Claire Jung, l'une des premières résidentes du domicile partagé.

 

 

Pourquoi ? Comment ?

 

Les domiciles partagés fleurissent dans le département depuis les années 1990. Aujourd'hui, le Morbihan en compte 45. Le dernier à poussé à Saint-Avé, au coeur de l'écoquartier Beau-Soleil. Inauguré le 1er juin, il affichait complet dès le mois suivant.

 

Qu'est-ce qu'un domicile partagé ?

« C'est une colocation pour les vieux, sourit Véronique Tardes, directrice du Clarpa 56, Comité de liaison des associations de retraités et de personnes âgées. C'est un logement qui accueille huit personnes âgées désorientées, souffrantes de la maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies apparentées. » Rez-de-chaussée, portes larges, système d'appel dans les chambres, douches et WC adaptés... Un logement non médicalisé, mais adapté. Chaque locataire a une chambre personnalisée. « Ce sont mes meubles et ma propre décoration, montre fièrement Claire, une des premières résidentes. Je me sens bien ici. » Sur la porte, son prénom et un mandala colorié par ses soins.

Comment se passe la vie en collectivité ?

« L'ambiance est sereine, conviviale et familiale », assure Lydie Jouanin, l'une des deux auxiliaires de vie du domicile partagé. Une surveillance 24 heures/24 est assurée. « Chacun se lève et se couche à son rythme, sauf si des soins doivent être prodigués, poursuit-elle. C'est une grande maisonnée. Ils sont chez eux, avec des assistantes de vie en permanence. Pour nous, cela engendre plus de proximité. Nous pouvons être davantage à leur écoute. » A Saint-Avé, on prépare les repas tous ensemble. « La cuisine est ouverte sur le séjour, précise Marina Le Corf, l'autre assistante de vie en journée. Chaque résident participe à sa manière. On épluche, on fait la vaisselle, on regarde. »

 

Pourquoi choisir ce type de logement ?

Le domicile partagé se situe entre le domicile et l'établissement d'hébergement. « C'est une très bonne alternative, confit Olivier, le neveu d'une résidente. Elle n'était plus capable d'habiter seule, mais on ne voulait pas encore la placer dans une unité Alzheimer. Le domicile partagé, c'est comme à la maison. Si je veux aller voir ma tante, je n'ai pas besoin de respecter des horaires de visite, je peux rester déjeuner, aller faire un tour avec elle. »

Côté porte-monnaie, les dépenses restent plus abordables que dans les établissements spécialisés : « Il faut compter en moyenne 1 800 € à la charge du locataire », indique Véronique Tardes, directrice du Clarpa 56.

 

Journal Ouest-France du mardi 22 septembre 2015
Edition : Vannes- Rubriques : Vannes Ville

 


 

 

Neulliac :

Avec les résidentes du domicile partagé, c'est la vie de famille

 

Lors des portes ouvertes, Marie-Claire Longé (à droite), auxiliaire de vie, a fait découvrir une journée au domicile partagé qui accueille six personnes désorientées.

 Reportage

 

Lorsqu'un visiteur arrive au domicilepartagé Les Eucalyptus, rue du Presbytère, il est accueilli par Marie-Claire Longé ou l'une de ses collègues coordinatrice. Cette auxiliaire de vie se considère même comme « une maman » pour les six résidentes : « Je m'occupe de la bonne marche de la maison, rendez-vous, papiers, courses... Je suis toujours avec elles, je les vois comme ma famille. »


Elle fait partager une journée dans l'établissement, où six à huit auxiliaires de vie se relaient.
8 h, le réveil
« Les résidentes choisissent leur heure de réveil et moi je les attends dans la pièce de vie pour le petit-déjeuner. Puis il y a la toilette, seule ou aidées d'une auxiliaire selon les besoins.
Ce n'est pas toujours calme, un jour une des résidentes est arrivée déjà toute prête, elle avait même mis son manteau car elle ne voulait pas rater le bus pour l'école... On continue la journée en faisant le ménage avec l'aide des résidentes. »
10 h 30, la pause
« C'est l'un des moments préférés de toutes. On partage un petit café ou un chocolat. Après, on prépare ensemble le repas, avec parfois quelques conseils, chacune a sa recette. »
12 h, le repas
« Ici, c'est comme à la maison et on mange tous ensemble, le personnel et les résidentes à la même table. C'est un moment de convivialité important pour tout le monde. Ensuite, la plupart vont faire une petite sieste. »
16 h, le goûter
« Le goûter, c'est aussi l'heure que les proches privilégient pour les visites. Le reste de l'après-midi se partage entre des activités et des animations parfois avec des intervenants extérieurs. »
19 h, le coucher
« Après avoir partagé le dîner, les résidentes choisissent de regarder la télévision, de lire, de rejoindre leur chambre. L'une de nos habitantes s'entraîne même sur son vélo d'appartement. Puis chacun va se coucher. C'est une vraie journée en famille. »

 

Journal Ouest-France du jeudi 29 janvier 2015
Edition : Pontivy - Rubriques : Neulliac